Sécheresse vaginale. Les mots qui masquent le problème.
Nombre de confrères, de bonne foi, mus par le désir d’aider, usent de raccourcis qui masquent et compliquent le problème.
Les troubles qui précédent, accompagnent, suivent l’instauration de la ménopause requièrent la même rigueur qu’un protocole de FIV, qu’un protocole de chimiothérapie.
Trop de praticiens se jettent sur le concept alors qu’ils n’ont pas la formation.
La « cause » mérite toutes les bonnes volontés mais chacun à son poste, celui que lui confère sa ou ses formations.
Je déplore le manque de précision sémantique chez certains praticiens qui traitent les problèmes génito-urinaires de la ménopause.
L’usage de termes comme « manque d’humidification » ou « sécheresse vaginale » est conceptuellement erroné dans la majorité des cas.
Cette distinction s’inscrit dans le cadre plus large du syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), dont nous détaillons ici la physiopathologie, l’expression clinique et la prise en charge.
La muqueuse vaginale conserve physiologiquement une certaine humidité. Après la ménopause, elle peut cependant devenir plus fine, moins souple et plus fragile sous l’effet des modifications trophiques liées notamment à l’hypoestrogénie. À cette altération peut s’associer une diminution de la réponse vasculaire et de la transsudation vaginale participant à la lubrification lors de l’excitation sexuelle.
Cette distinction est essentielle sur le plan thérapeutique : soulager les phénomènes frictionnels, restaurer la trophicité et améliorer la réponse génitale périphérique ne relèvent pas nécessairement des mêmes interventions. Le vagin ne possédant pas de glandes assurant sa lubrification sexuelle, parler simplement de « manque d’humidification » risque de masquer les mécanismes en cause.
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